APREM#4

APREM#4

16 au 18 octobre 2014 à la Fabrique de Théâtre (Province de Hainaut) entre 15h et 21h

ECOLOGIE DE L’INTERNET : POUR UNE TROISIEME EPOQUE DU WEB

Un quart de siècle, une génération à peine. Tel est l’âge du World Wide Web, ou « Web », outil le plus largement utilisé de l’Internet. Plate-forme de diffusion de documents dans un premier temps, le Web est devenu « collaboratif » avec le Web 2.0, permettant le partage large de contenus.Suscitant de nouvelles pratiques culturelles, le Web 2.0 fut porteur de l’immense espoir d’un nouvel âge, le développement de nouvelles pratiques culturelles apportant aux habitants de la planète la possibilité de nouvelles formes d’intelligences collectives, multipliant d’autant les intelligences individuelles. Techniquement, cet espoir fut rempli au delà de toute espérance : médias, communication personnelle, diffusion d’information d’entreprise, commerce, industries culturelles, jusqu’à certains mouvements sociaux sont saturés par le Web, au point que la question se pose de savoir ce qui en resterait si le Web disparaissait fut-ce une semaine. Cette évolution fulgurante est naturellement sur-déterminée par l’évolution technologique, et en particulier par l’explosion de l’Internet mobile.

Bref, le Web n’est plus « un » milieu : c’est NOTRE milieu.

En rappelant que l’écologie est l’étude des êtres vivants dans leur milieu et les interactions entre eux se pose immédiatement la question de la situation de l’écologie de l’Internet. Au delà de son succès technique, qu’advient-il de l’humain immergé dans le Web 2.0 ? Et si poser la question est y donner des réponses dont aucune n’est rassurante, faut-il, à l’instar d’écologistes prétendument radicaux selon qui « c’était mieux avant », jeter le bébé du Web avec l’eau de sa colonisation par quelques grandes multinationales se jouant des cultures, des savoirs, des intelligences collectives? Car laissé intégralement au marché, le Web 2.0 est devenu, en l’espace de quelques années seulement, la propriété quasi exclusive des GAFA, Google, Amazon, Facebook, Apple, les « Chevaliers de l’Apocalypse » du numérique. Vivant directement d’une propagation du consumérisme qui requiert de court-circuiter les constructions culturelles, celles qui font que les Humains sont d’étranges animaux transformant leurs pulsions en désirs et en entreprises, les GAFA ne font pas que surfer sur la vague du Net : ils ont un besoin vital de produire et créer sans cesse ce que le philosophe Bernard Stiegler appelle la misère symbolique, c’est-à-dire, notamment, la « dissociation entre des individus producteurs de symboles et la grande masse de ceux qui les reçoivent en ne pouvant que les consommer, sans en produire à leur tour ».

Tel quel, le Web 2.0 pourrait bien courir à sa perte, le syndrome du « Blues du net » étant le signe avant coureur d’une possible désaffection massive à l’égard de l’Internet. On pourrait s’en réjouir, sauf à interpréter cette possibilité comme le simple éloignement de la boite d’allumettes du pyromane, les dégâts causés étant faits pour durer longtemps, à considérer que l’histoire peut faire marche arrière et à abandonner telle une usine désaffectée le Web et les espoirs fondés en lui au milieu des orties et de la nature qui reconquérait ses droits. Le parti pris par APREM#4 est d’explorer les conditions d’avènement d’une troisième époque du Web.

16 octobre
13h – Départ de la navette depuis Bruxelles
15h00 – Introduction – Jean-Claude Dargeant
15h30 – Bernard Stiegler – Web sémantique et Web herméneutique
17h30 : Pause
18h00 – Thomas Cheneseau – La critique des GAFA vers un mouvement artistique
19h00 – Ludovic Duhem et Bruno Abt – Résonner, au risque de l’improvisation
20h00- Diner
21h15 –  Léa Rogliano – Carnet de voyage virtuel en Corée du Nord
22h00 – Pause
22h30 – Départ de la navette vers Bruxelles

17 octobre
13h – Départ de la navette depuis Bruxelles
15h00 – Laurence Baclin – Infrastructure de réseaux interconnectés
16h00 – Quentin Noirfalisse – Du deep web au darkweb, hacktivisme dans les entrailles du réseau
17 h00 – Pause
17h20 – Harry Halpin – Le Web qui vient : de la NSA aux Communs
18h20 – Eric Schrijver pour Open Source Publishing – Le pantalon moulant et les mathématiques : résister au geek
18h50 – Pause
19h10 – Stany Cambot – à nos pères. Echelle Inconnue et la vengeance patrimoniale
20h10 – Dîner
21h30 – Yvain Juillard / Performance – Apprendre à apprendre à une machine
22h30 – Départ de la navette vers Bruxelles

18 octobre
13h – Départ de la navette depuis Bruxelles
15h00 – Philippe Baudelot – Pour un Internet artistique, joyeusement multiple et indéfini
16h00 – Albertine Meunier et Julien Levesque – artistes Datadada
17h00 – Pause
17h20 – David Guez – Mémoire numérique et conservation
17h50 –  Thibaud Croisy – Une putain de communication avec la collaboration d’Elise Simonet
18h50 – Pause
19h20 – Vincent Paesmans – De l’imposture
19h30 – Table ronde des observateurs
21 h15 – Dîner
22h30 – Départ de la navette vers Bruxelles

Modération – Jacques André

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